LE DÉVELOPPEMENT DES P.M.I.

Le développement des petites et moyennes entreprises industrielles est l'une des grandes missions de la DARPMI. En effet, si les P.M.I. représentent un potentiel important pour notre pays en tant que création de richesses et source d'emplois, elles souffrent de handicaps nombreux - par rapport aux entreprises plus structurées - qui obèrent les avantages que devrait leur conférer leur taille. Remédier à ces handicaps est une tâche majeure du ministère de l'industrie à laquelle la DARPMI contribue activement, d'une part dans le cadre des actions sur l'environnement des entreprises, d'autre part, et plus spécifiquement, dans le cadre des actions directes en leur faveur.

Le développement des P.M.I. : une préoccupation constante depuis...200 ans

Cette mission s'inscrit dans la continuité du mandat donné par le Comité de Salut Public à l'Administration des Mines il y a deux siècles.
A cette époque, pour soutenir l'effort de guerre de la Révolution face aux monarchies coalisées, il a été demandé à l'administration d'aller à la rencontre des industriels, de les informer et de les conseiller de façon à leur permettre d'améliorer leur efficacité.
Si les circonstances ont changé, la guerre économique demeure et la DARPMI conserve le même rôle auprès des P.M.I..

Les P.M.I. : une source de dynamisme en dépit de handicaps nombreux

La dernière édition des "Chiffres-Clés des P.M.I." permet de se faire une idée de l'importance des petites et moyennes entreprises industrielles dans notre économie. Les quelque 21 000 P.M.I. représentent, en effet, plus de la moitié des emplois que comptent les entreprises industrielles de plus de 20 salariés.

Le poids des P.M.I. dans l'économie française

Parmi les entreprises industrielles de plus de 20 personnes, les P.M.I. représentent :

  • plus de 21 000 entreprises,
  • 51,7 % des emplois,
  • 40 % du chiffre d'affaires,
  • 26 % des exportations,
  • 37 % des investissements.

Encore ces chiffres minorent-ils l'importance des P.M.I. car ils ne tiennent pas compte des entreprises de moins de 20 salariés : les P.M.I. de 10 à 500 personnes sont au nombre de 36 000. D'une façon générale, le poids des P.M.I. dans l'économie va croissant.

Ces entreprises présentent cependant de nombreuses faiblesses :

Rôle de la DARPMI dans la politique P.M.I.

La politique en faveur des petites et moyennes industries tend à encourager le dynamisme naturel de ces entreprises en les aidant à remédier à leurs handicaps. Elle comporte deux grands volets détaillés dans ce qui suit, dont l'élaboration et la mise en oeuvre sont confiées à la DARPMI : La DARPMI intervient également pour le compte du ministère des PME, du commerce et de l'artisanat dans le cadre de la politique définie par ce ministère en faveur des entreprises commerciales et artisanales.

L'action sur l'environnement des entreprises

Les Pouvoirs Publics agissent afin de procurer aux P.M.I. un environnement aussi favorable que possible pour se développer. Cette action est multiple et concerne un très grand nombre de domaines :

Dans chacun de ces domaines, l'action menée a souvent un caractère interministériel. La Direction de l'Action Régionale et de la Petite et Moyenne Industrie y contribue, notamment en matière de formation, de création d'entreprise, de design et de sous-traitance.

L'action directe auprès des entreprises

Cette action générale s'accompagne d'une action plus directe menée par la DARPMI à travers les DRIRE. C'est celle qui consiste à aller au devant des entreprises pour les connaître, pour comprendre les problèmes auxquels elles sont confrontées, élaborer avec elles des solutions propres à y répondre et suivre la mise en oeuvre de celles-ci. Il s'agit d'un travail patient pour lequel la DARPMI et les DRIRE s'efforcent de mobiliser tous leurs partenaires locaux : autres administrations, collectivités locales, agences sous tutelle de l'Etat ou Chambres de Commerce et d'Industrie.

L'APPUI AUX P.M.I.

Trois grandes priorités

Pour cette mission d'aide au développement du tissu industriel régional, la DARPMI a défini trois grandes priorités : la technologie, l'investissement immatériel et l'adaptation des entreprises aux nouvelles donnes industrielles, que mettent en oeuvre les DRIRE à travers une patiente action de terrain.

La technologie

La technologie est un moteur essentiel de l'industrie. Cependant, si les P.M.I. ont la souplesse et la flexibilité pour s'adapter rapidement, elles ne sont pas encore assez ouvertes à la technologie. Pour y remédier le ministère de l'industrie, de la poste et des télécommunications oeuvre en étroite liaison avec le ministère chargé de la recherche et les agences sous leur double tutelle.

Cette action comporte trois volets :

L'investissement immatériel

Le développement des entreprises dépend de nombreux facteurs. L'un d'entre eux, essentiel mais encore trop peu connu, est l'investissement dans l'intelligence, dans la matière grise, communément appelé investissement immatériel. Celui-ci peut prendre trois formes : le recours à des compétences spécialisées extérieures que ne détient pas l'entreprise, l'intégration de ces compétences par le recrutement et, enfin, la formation. En ce qui concerne le premier point, le ministère chargé de l'industrie a mis en place des Fonds Régionaux d'Aide au Conseil (FRAC) qui ont pour rôle d'encourager les entreprises à avoir recours au conseil extérieur soit dans le cadre d'une première expérience, soit à l'occasion d'un saut qualitatif nécessitant l'appui d'un conseil.

Par ailleurs, il soutient aussi le recrutement de spécialistes pour créer de nouvelles fonctions dans l'entreprise, à travers l'Aide au Recrutement de Cadres (ARC).

Enfin, un gros effort reste à faire en matière de formation. Si beaucoup est déjà réalisé pour la formation du personnel d'exécution, en liaison avec le ministère du travail, l'effort doit plus particulièrement porter maintenant sur la formation du personnel d'encadrement. Les DRIRE mènent depuis 1995 des actions en ce sens, en utilisant notamment l'Objectif IV du Fonds Social Européen.

L'adaptation aux nouvelles donnes industrielles

Le monde industriel est soumis à des changements de plus en plus nombreux. Les P.M.I. doivent s'adapter ou périr : s'adapter aux évolutions technologiques par une modernisation de leur outil de production, s'adapter à de nouvelles donnes commerciales (disparition de gros donneurs d'ordre, délocalisations, etc...).

La DARPMI oeuvre pour aider les entreprises à réussir cette adaptation, condition de survie et donc de préservation de l'emploi. Elle intervient via les DRIRE pour accompagner les programmes d'adaptation ambitieux qui conjuguent investissements matériels et immatériels. Cette intervention peut prendre plusieurs formes : conseil pour l'élaboration d'un projet, examen de sa faisabilité au travers d'une expertise, accompagnement financier

  • le cas échéant
  • grâce aux aides citées précédemment ou au Fonds de Développement des P.M.I. (appelé FDPMI).

    Le bilan chiffré de l'année 1996

    Les résultats de l'action de la DARPMI en matière de développement industriel ne sont pas toujours faciles à mesurer en totalité car la part la plus importante, à savoir le rôle de conseil et d'accompagnement des P.M.I., n'est guère mesurable.

    Cela étant, quelques chiffres permettent de se faire une idée de l'ampleur de la tâche accomplie.

    Les moyens humains

    Dans les DRIRE, l'équivalent de 300 cadres se consacrent à la mission d'appui aux petites et moyennes entreprises industrielles (P.M.I.), au travers de visites en entreprises, de l'instruction des demandes d'aides et de la gestion des projets recevant un soutien financier.

    Cette mission privilégie le contact sur place avec les dirigeants d'entreprises : ainsi 13 760 visites en entreprise ont été effectuées en 1996.

    L'action des DRIRE est, par ailleurs, prolongée par celle des agences et organismes sous tutelle du ministère et celle des structures associées (Chambres de Commerce et d'Industrie, par exemple).

    Les entreprises recevant une aide financière

    Au total, 7 870 projets ont reçu un soutien financier au titre de l'une ou l'autre des procédures du ministère chargé de l'industrie, instruites par les DRIRE. En outre, les actions collectives destinées à l'environnement des entreprises ou à la formation, ont permis de toucher quelque 30 000 P.M.I..
    Près de 2 milliards de francs pour les P.M.I. en 1996

    Toutes aides confondues, les montants décidés en 1996 au profit des petites et moyennes entreprises industrielles s'élèvent au total à 1992 millions de francs, répartis comme suit :
    Etat 830 MF 42 %
    Collectivités locales et Europe 1 162 MF 58 %

    Les DRIRE sont chargées de la mise en oeuvre de la partie des contrats de plan Etat-Région relative aux entreprises industrielles et à leur environnement technologique. Elles assurent la mobilisation des crédits relevant des objectifs 2, 4 et 5b des fonds européens, pour les zones éligibles correspondantes.

    Les différents types d'actions L'activité "Développement Industriel" a connu en 1995 une forte progression des soutiens financiers accordés aux P.M.I. Cet effort important s'est poursuivi au même niveau en 1996.

    La répartition financière entre les différents types d'actions est la suivante :


    TECHNOLOGIE 222 MF
    dont Diffusion des technologies 216 MF
    Aides au transfert de technologie 6 MF

    INVESTISSEMENTS IMMATÉRIELS 351 MF
    dont Aide au conseil 120 MF
    Aide au recrutement de cadres 181 MF
    Formation 50 MF

    ADAPTATION AUX NOUVELLES DONNES INDUSTRIELLES 1 102 MF

    ACTIONS COLLECTIVES
    (hors formation)
    317 MF

    LA FORMATION INITIALE ET PROFESSIONNELLE

    Par l'importance du dispositif de formation sous sa tutelle directe ou indirecte, le ministère de l'industrie est, après le ministère de l'éducation nationale, le deuxième formateur de France. A ce titre, c'est la DARPMI qui est chargée d'apporter le concours du ministère de l'industrie à l'élaboration et à la mise en oeuvre de la politique de formation professionnelle du gouvernement, avec une préoccupation particulière liée à la spécificité des métiers de l'industrie.

    Vis-à-vis des grands ministères qui jouent le rôle de pilotes dans ce vaste domaine de compétence, la valeur ajoutée attendue de la DARPMI, dans les débats interministériels, résulte principalement de la connaissance du tissu économique et de ses différentes branches industrielles que lui apportent les DRIRE.

    Ainsi, l'action de la DARPMI sur le thème de la formation comporte trois volets principaux :

    La politique générale de formation

    En France, la mise en place de la loi quinquennale de décembre 1993 relative au travail, à l'emploi et à la formation professionnelle a entraîné, en 1996, la participation de la DARPMI aux travaux du Haut Comité Education Economie. Les thèmes abordés concernent les jeunes sans qualification, les diplômes de l'enseignement professionnel et l'articulation éducation-entrée dans l'emploi. Cette réflexion est complétée dans d'autres instances, telles que le Comité de Liaison des Comités de Bassin d'Emploi et son groupe de travail "mise en cohérence des politiques emploi-formation", auxquels la DARPMI contribue activement.

    Elle participe également à la définition de la position française pour les projets de textes européens concernant, en particulier, le livre blanc Education-Formation.
    Les programmes communautaires en faveur de la formation

    La DARPMI participe plus particulièrement à deux de ces programmes.
    Le premier, intitulé "Leonardo da Vinci", a pour objet la mise en oeuvre de la politique de formation professionnelle pour la période 1995-1999. En tant que membre du comité Leonardo France, la DARPMI examine les projets déposés dans le cadre des procédures d'appels d'offres : plus de 700 projets ont ainsi été étudiés en 1996.
    Le deuxième programme, "Tempus", vise à favoriser le développement et l'adaptation des systèmes d'enseignement supérieur aux besoins de l'économie dans les pays d'Europe centrale et orientale et dans les nouveaux états indépendants de l'ex-URSS. La DARPMI est membre du comité Tempus France.

    L'orientation du dispositif des formations consulaires

    Ce dispositif occupe une place déterminante puisque les Chambres de Commerce et d'Industrie, dont la tutelle est exercée conjointement par le ministère chargé de l'industrie et le ministère chargé du commerce, gèrent un important réseau de formation professionnelle implanté sur l'ensemble du territoire. Celui-ce représente aujourd'hui 5 milliards de francs de budget, pour 500 établissements qui accueillent 500 000 élèves et stagiaires et de l'ordre de 60 000 apprentis.

    Aussi la DARPMI a-t-elle lancé en 1996, en partenariat avec l'Assemblée des Chambres Françaises de Commerce et d'Industrie (ACFCI), les Chambres de Commerce et d'Industrie et les réseaux d'écoles, plusieurs actions visant à structurer ce dispositif en choisissant notamment la voie contractuelle pour y parvenir. Parmi ces actions, trois méritent d'être signalées : il s'agit d'une convention d'objectifs pour la formation dans les écoles consulaires, d'une étude sur le financement des écoles de commerces et d'un projet de charte de la qualité concernant les écoles d'ingénieurs.

    Une convention d'objectifs pour la formation

    Elaborée par la DARPMI en concertation avec l'institution consulaire, une convention d'objectifs pour la formation a été signée à Poitiers le 6 novembre 1996, par les deux ministres de tutelle et le Président de l'ACFCI. Elle vise à adapter l'offre de formation aux besoins des entreprises, à renforcer la professionnalisation des formations et à mieux assurer l'insertion professionnelle des jeunes.
    Conclue pour une durée de trois ans, cette convention d'objectifs sera relayée localement par des conventions d'actions entre les chambres et les ministères signataires.

    Le ministère de l'industrie a demandé et pris en charge le coût d'une étude sur le financement de l'ensemble des trente et une écoles supérieures de commerce (E.S.C.). Cette opération a été menée en coopération avec l'Association pour le Développement des Grandes Ecoles de Commerce et de Management. Les résultats ont permis d'établir un diagnostic précis de la situation de chacune des écoles, de concevoir un outil d'auto-évaluation à leur disposition et de proposer les adaptations nécessaires pour qu'elles parviennent à un bon ajustement de leurs moyens aux besoins identifiés.

    Par ailleurs, le service de tutelle des écoles des mines a initié des travaux relatifs à la formation des ingénieurs et des cadres techniques pour l'industrie. Ces réflexions, qui concernent les écoles des mines ainsi que les dix-sept écoles consulaires d'ingénieurs, doivent déboucher prochainement sur un projet de charte de qualité dont les finalités essentielles seront le renforcement des liens entre les écoles et l'accompagnement de celles-ci dans une démarche qualité, des rapprochements entre réseaux d'écoles étant envisageables à terme.

    L'homologation des diplômes de l'enseignement technologique

    La DARPMI représente le ministère de l'industrie à la commission technique d'homologation des titres et diplômes de l'enseignement technologique. Elle a instruit et expertisé en 1996 une cinquantaine de demandes d'homologation de titres pour des formations liées à l'industrie.

    La DARPMI apporte ainsi sa contribution à la reconnaissance de nouvelles qualifications. Elle est amenée à vérifier l'adaptation des organismes de formation à l'évolution des emplois ainsi que l'adéquation des formations aux compétences dont les entreprises ont besoin.

    La formation dans les entreprises industrielles

    La mise en oeuvre de la réforme du financement de l'apprentissage a démarré au cours de l'année 1996, dans le cadre de la loi du 6 mai 1996 cosignée par le ministre de l'industrie. La DARPMI a pris une part active aux travaux interministériels de préparation de cette loi et de ses nombreux textes d'application. Elle a, notamment, représenté le ministère de l'industrie au sein des instances de concertation avec les partenaires sociaux. La remise du rapport de la commission de Virville sur le dispositif de formation professionnelle a conduit la DARPMI à participer, de même, aux réunions interministérielles consacrées à l'examen des propositions formulées dans ce cadre.

    En outre, la DARPMI a été partie prenante aux comités de pilotage des contrats d'études prospectives (CEP) des secteurs de l'ameublement, du cuir et de la chaussure. Elle a participé, en relation avec la Délégation à la formation professionnelle, aux comités nationaux d'attribution des aides au titre des engagements de développement de la formation (EDDF) qui ont principalement concerné, en 1996, les secteurs du papier-carton et de la plasturgie. Elle a également pris part à l'élaboration du projet de CEP du secteur de la céramique.

    Signalons, enfin, que le développement des cursus de formation par l'apprentissage dans les écoles supérieures de commerce et dans les écoles d'ingénieurs a conduit la DARPMI à commander une étude sur l'apprentissage dans les niveaux supérieurs de formation, qu'il s'agisse des formations sous tutelle du ministère de l'industrie ou des formations de type industriel.

    LES CHAMBRES DE COMMERCE ET D'INDUSTRIE

    La DARPMI exerce la tutelle administrative et financière des 184 chambres de commerce et d'industrie. A ce titre, elle intervient notamment :

    Les questions financières et comptables

    Comme chaque année, le ministère de l'industrie décide du niveau d'augmentation possible de la ressource fiscale des CCI, appelée imposition additionnelle à la taxe professionnelle (IATP). Cet élément est nécessaire aux CCI pour la préparation de leur budget.

    Le mécanisme arrêté pour 1996 a prévu une progression maximale de l'IATP de 3 % dont une partie (1 %) a été consacrée à financer des actions considérées comme prioritaires par le gouvernement.

    Nombreuses augmentations d'IATP accordées en 1996 pour des projets spécifiques

    Au total 124 demandes de dérogation ont été acceptées en 1996. Elles ont concerné notamment :

    • l'emploi,
    • la formation,
    • l'exportation,
    • la mise en oeuvre du plan PME,
    • l'accompagnement de la politique de la ville.

    Autorisation d'emprunts

    Les emprunts contractés par les CCI font l'objet d'une autorisation préalable des ministères de tutelle. Au cours de l'année 1996, 153 demandes ont été examinées pour un total d'emprunts autorisés de 1,140 milliards de francs. Parmi les opérations retenues, figurent la remise en état du Pont de Tancarville après rupture du toron d'un câble porteur (300 MF) et le financement d'aménagements concernant les aéroports de Lyon et Marseille.

    Exploitation des budgets exécutés des années 1994 et 1995

    Au cours de l'année 1995, un fichier reprenant les éléments des budgets exécutés de 1993 avait été constitué. En 1996, ce fichier a été complété par la saisie des comptes exécutés des bilans des chambres
  • et de leurs services budgétaires
  • relatifs à l'exercice 1994. La saisie des comptes exécutés de 1995 a été entreprise dans les mêmes conditions.

    La banque de données ainsi créée constitue un outil important d'analyse des comptes et des activités des chambres qui rend aisée la vérification de la cohérence des informations. Elle permet d'asseoir sur des données objectives les décisions de l'administration de tutelle dans les domaines financiers.

    Questions juridiques et sociales

    La mission de la DARPMI est également d'approuver les règlements intérieurs des chambres, d'instruire les dossiers de chambres franco-étrangères et de groupements inter consulaires. En outre, elle participe à l'élaboration des réglementations qui concernent les CCI.

    A la suite des élections de novembre 1994, une dizaine de règlements intérieurs ont fait l'objet d'un agrément après modification, au cours de l'année 1996.

    Nouvelles chambres et regroupements de CCI

    De nouvelles demandes de chambres franco-étrangères ont été acceptées durant l'année 1996 : elles concernent une chambre France-Libye et une chambre France-Azerbaïdjan. Toutes deux ont obtenu l'appellation de Chambre de Commerce et d'Industrie.

    Un nouveau groupement inter consulaire (GIC), a été autorisé en 1996 entre la Chambre de Commerce de Cherbourg et celle de Granville Saint-Lô. Signalons également une procédure d'élargissement à de nouveaux membres engagée pour un autre GIC.
    Réforme du statut du personnel des CCI : un dossier qui a bien avancé en 1996

    La réforme du statut du personnel, engagée à la fin de l'année 1995, a fait l'objet de nombreuses négociations entre les partenaires sociaux. Les règles applicables aux agents de droit public des CCI sont édictées par une Commission paritaire nationale (CPN) comprenant 6 représentants des Présidents des CCI et 6 représentants du personnel sous la présidence d'un représentant des Ministres.
    Les décisions prises par la CPN sont homologuées par arrêtés des Ministres de tutelle. En juin 1996, la CPN a décidé la fermeture du régime de retraite supplémentaire des agents des CCI. Un projet de nouveau statut, visant notamment à étendre son champ d'application à tous les agents de droit public travaillant dans les compagnies consulaires, conformément à l'évolution de la jurisprudence, a été élaboré par le collège des Présidents et soumis à une CPN le 12 décembre 1996.
    Les partenaires sociaux ont souhaité poursuivre les négociations notamment sur les questions relatives aux indemnités de licenciement et à la garantie de carrière, avec l'objectif de parvenir à un accord pour la fin du premier trimestre 1997.

    Réglementations relatives aux chambres

    La DARPMI participe, en outre, à la rédaction des textes relatifs aux chambres. Elle encourage également les actions des chambres en faveur de la formation et de l'international.

    L'une des activités principales sur le thème de la formation a concerné l'élaboration de la convention d'objectifs pour la formation signée par les Ministres de tutelle le 6 novembre 1996 à Poitiers. L'objet de ce texte est d'orienter le réseau consulaire vers une meilleure adaptation de l'offre aux besoins des entreprises, de renforcer la professionnalisation des formations et d'assurer une meilleure insertion professionnelle des jeunes.

    Dans le domaine international, les contacts noués depuis plusieurs années avec la Chambre française en Allemagne ont continué à se développer. De même, a été organisée à Paris une rencontre des responsables du centre d'affaires de Singapour avec les agents en charge du développement industriel dans les DRIRE.

    La CCI de la Moselle investit dans la formation.

    Au cours de l'année 1996, la CCI de la Moselle a participé au financement d'un Centre de Formation d'Apprentis (CFA) nouvellement créé sur le technopole de Metz, dans le cadre d'un ambitieux projet d'un montant de 55 MF.

    La réforme des CCI

    L'année 1996 a été consacrée à la rédaction d'un cahier des charges de la réforme des chambres sur le principe de l'approche globale. Ce document concerne notamment les aspects relatifs aux missions et à l'organisation des chambres, aux élections consulaires, à la ressource fiscale et aux budgets des CCI ainsi qu'à l'exercice de la tutelle. Ce cahier des charges a été élaboré à partir des propositions d'un groupe de travail, créé à l'initiative des ministères chargés de l'industrie et du commerce et composé de représentants de ces ministères et des CCI. L'un des objectifs de la réforme en cours est de parvenir à la signature d'un contrat d'objectifs entre chambre et l'Etat.

    LES ORGANISMES SOUS TUTELLE

    La DARPMI assure également la tutelle de quatre organismes intervenant dans les domaines de l'innovation et du transfert de technologie, de la création industrielle et de la création d'entreprise.

    L'Agence Nationale pour la Valorisation de la Recherche (ANVAR)

    Etablissement public à caractère industriel et commercial, créé par la loi 67-7 du 3 janvier 1967, l'ANVAR assure l'attribution et la gestion d'aides publiques qui ont pour objet de promouvoir la recherche et l'innovation, dans le cadre des décrets 79-615 et 79-616 du 13 juillet 1979.

    Pour le compte du Ministre de l'Industrie, de la Poste et des Télécommunications, c'est la DARPMI qui exerce la tutelle administrative de l'ANVAR. A ce titre, elle assure, avec l'appui de la DGSI, la gestion des subventions attribuées à l'Agence et effectue la coordination du soutien aux PMI.
    L'Anvar en 1996 : 1,3 milliard de francs d'aide à l'innovation

    En 1996, l'Agence est intervenue au titre de l'aide à l'innovation pour un montant de 1,3 milliard de francs, dont 90 % a permis de soutenir directement l'effort de recherche-développement de 1800 entreprises, notamment au travers de :

    • 1008 projets de mise au point de produits et procédés nouveaux (1015 millions de francs) ;
    • 570 recrutements de chercheurs et d'ingénieurs de recherche-développement au sein des PME (85 millions de francs) ;
    • 419 recours à des conseils externes (84 millions de francs).
    Les autres interventions ont trait pour l'essentiel aux laboratoires de recherche et aux sociétés de recherche sous contrat (SRC).

    L'engagement de l'Agence est en progression de 7,4% par rapport à celui de 1995 qui était de 1,217 milliard de francs. La hausse des interventions concerne en particulier la mise au point de produits et procédés nouveaux à laquelle l'ANVAR a voué l'essentiel de ses efforts, via des avances remboursables en cas de succès.

    Sur les 1800 PME-PMI accompagnées en 1996, 55% ont fait appel à l'ANVAR pour la première fois. Ce taux s'élève à 66% si l'on prend en compte les entreprises qui n'avaient pas eu de contact avec l'Agence depuis au moins 4 ans. Près de 80% de ces entreprises ont moins de 50 salariés et plus de 40% des bénéficiaires ont une activité d'assez haute intensité technologique.

    A noter également que 45% des PME soutenues sont en croissance ou présentent un potentiel de croissance, avec un taux élevé dans les secteurs des services mais aussi dans les secteurs manufacturiers. Ces entreprises sont souvent localisées en Languedoc-Roussillon, en PACA, en Pays-de-la-Loire et en Alsace.
    Partenaire dans le cadre de l'Appel à Propositions Technologies Clés

    En 1996, le ministère chargé de l'industrie a lancé un appel à propositions (AAP) dans le prolongement de l'étude décrivant les "100 technologies clés pour l'industrie française à l'horizon 2000".
    Cet AAP, qui concerne 50 de ces technologies, est doté d'un milliard de francs pour la période 1997-1998. L'ANVAR, en partenariat étroit avec les DRIRE, est chargée de l'animation et de la diffusion de l'AAP auprès des PMI : plusieurs manifestations régionales ont ainsi été organisées par les DRIRE et les délégations régionales de l'ANVAR.

    Les centres techniques

    Régis par la loi du 22 juillet 1948, les centres techniques industriels (CTI), créés à l'initiative des fédérations professionnelles, existent essentiellement dans les secteurs manufacturiers majoritairement constitués de PMI.

    La DARPMI exerce la tutelle générale sur ces organismes en liaison avec les services de la DGSI : à ce titre, elle assure un suivi global de la gestion des CTI, coordonne leurs stratégies d'évolution et suit la réalisation d'un ensemble d'actions conduites par l'association Réseau CTI.

    Renforcer l'efficacité de l'action des CTI

    En octobre 1996, le ministre de l'industrie, Franck BOROTRA, a lancé une mission visant à évaluer le positionnement stratégique des CTI. L'objectif est de maintenir leur vocation originelle au service des entreprises de leur secteur d'activités, en encourageant une relation permanente et directe avec leurs ressortissants mais aussi en adaptant les structures de fonctionnement pour renforcer la professionalisation de ces acteurs du transfert de technologie. Les conclusions de cette mission sont attendues pour le premier semestre 1997.

    L'Agence Nationale pour la Création et le Développement des Nouvelles Entreprises

    L'ANCE est une association loi de 1901 placée sous la tutelle du ministère des PME, du commerce et de l'artisanat, via la DARPMI. Créée en 1979, elle a pour mission de s'occuper de la création et de la transmission d'entreprise ainsi que du développement des jeunes entreprises. Plus précisément, elle s'appuie sur un réseau d'intervenants de terrain, appelés Points Chances, chargés de l'accueil et de l'accompagnement des créateurs, auxquels est fourni un appui méthodologique et technique, notamment sous la forme d'informations et de formation.

    Depuis plusieurs années, il a été demandé à l'ANCE de mettre l'accent sur la pérennité des nouvelles entreprises afin de réduire le taux d'échec de la création, qui représente un gâchis considérable (50 % d'échec après 5 ans contre 20 % seulement pour les entreprises qui bénéficient de conseils et d'un suivi pendant leurs premières années).

    La loi de finances initiale pour 1996 a réduit de manière significative la subvention apportée par l'Etat à l'ANCE, sur le budget du ministère de l'industrie : celle-ci s'élevait en 1996 à 19,1 MF contre 29,1 MF l'année précédente. Cette réduction a conduit l'ANCE à diminuer le nombre de salariés de l'agence de 63 à 33 personnes. Le budget de fonctionnement courant de l'ANCE a été ramené de 40,6 MF en 1995 à 28,0 MF en 1996.

    En parallèle, une réflexion a été engagée sur les missions de l'Agence.

    L'Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle

    L'ENSCI est un établissement public à caractère industriel et commercial placé sous la tutelle des ministères chargés de la culture et de l'industrie. Elle a pour mission de former des designers répondant aux besoins de l'industrie.

    En 1996, le budget de l'ENSCI s'élevait à 30, 4 MF dont 18,2 MF étaient apportés par le ministère de la culture et 9 MF par le ministère de l'industrie. L'école emploie 50 personnes et accueille de l'ordre de 240 élèves pour des scolarités de 2 à 5 ans selon le niveau de recrutement. Elle délivre un diplôme de caractère industriel, de niveau bac + 5, reconnu par l'Etat.

    LA SÉCURITÉ DES PERSONNES ET DES BIENS

    Contribuer à la sécurité des personnes et des biens est également une des grandes missions de la DARPMI. Le développement du tissu industriel ne peut, en effet, se concevoir de manière durable sans la prise en compte efficace des nuisances engendrées par l'activité industrielle, principalement à l'égard des personnes et des biens, et de l'environnement.

    Sur ces thèmes, l'action de la DARPMI comporte deux volets principaux :

    Elle intervient de manière directe, au plan réglementaire, sur le premier volet et agit en collaboration avec le ministère des transports dans le second.

    Pour l'application des réglementations relevant de chacun de ces thèmes, elle s'appuie sur les DRIRE, qui sont également chargées de la mise en oeuvre des textes réglementaires élaborés par le ministère de l'environnement dans le domaine de l'environnement industriel.

    LA SÉCURITÉ INDUSTRIELLE

    Dans le cadre du développement durable des activités industrielles, une des missions de la DARPMI consiste à concourir à la maîtrise des risques industriels dans un grand nombre de domaines, qu'il s'agisse : Pour chacun d'eux, la tâche essentielle de la DARPMI est d'élaborer la réglementation technique et d'accompagner sa mise en oeuvre dans les DRIRE, avec l'appui de laboratoires habilités et d'organismes techniques.

    Exploitation du sous-sol

    Dans la continuité des actions menées au cours des années précédentes, l'intervention de la DARPMI, dans ce domaine, a concerné en 1996 l'amélioration de la sécurité et de la santé des personnes travaillant dans les industries extractives, le repli dans les meilleures conditions de sécurité de l'industrie minière, le traitement progressif des séquelles laissées dans le passé par ces industries et l'amélioration de la sécurité des stockages souterrains.

    La place des industries extractives en France

    L'exploitation charbonnière emploie de l'ordre de 13 500 personnes dans six exploitations souterraines
  • dont certaines atteignent des profondeurs de 1 300 mètres
  • et cinq exploitations à ciel ouvert. La production en 1996 a représenté environ 8,1 Mt de charbon, 5,9 Mt de sylvinite, 2,1 Mt de pétrole brut dans le Bassin Parisien et le Bassin Aquitain et 4,3 milliards de mètres cubes de gaz dans le Bassin Aquitain.

    Notre pays compte, en outre, une quinzaine d'exploitations souterraines (de fer, d'uranium, de fluorine et d'or, pour l'essentiel) produisant au total 3 Mt de minerais, onze mines de sel représentant une production globale de 5,4 Mt et plus de 5.000 carrières dans lesquelles sont extraits chaque année de l'ordre de 400 Mt de matériaux.

    Plus de 4 MF en 1996 pour la mise en sécurité d'anciennes exploitations minières

    En plus des outils réglementaires, la DARPMI dispose de moyens financiers pour mettre en sécurité d'anciens sites miniers.
    Huit opérations de ce type ont ainsi bénéficié, en 1996, de quatre millions deux cent mille francs de crédits.

    Améliorer la sécurité et la santé dans les industries extractives

    Au cours de l'année 1996, huit accidents mortels se sont produits dans les carrières et six dans les mines, dont trois dans les Houillères du Bassin de Lorraine. Ces dernières ont, par ailleurs, connu une inflammation de grisou en février et un échauffement en avril qui a entraîné la fermeture d'une taille. De tels événements rappellent l'impérieuse nécessité de vigilance dans ces exploitations et l'importance des actions de prévention.

    L'action de la DARPMI a principalement porté sur ces deux aspects.

    En matière de sécurité dans les exploitations, rappel a été fait de cette priorité à la société des Charbonnages de France. En matière de prévention, des modifications ont été introduites en 1995 dans le règlement général des industries extractives (RGIE) concernant les équipements de travail et l'empoussiérage. La mise en application de ces nouvelles dispositions a fait l'objet d'un premier bilan en 1996.

    D'autres évolutions réglementaires, intervenues au cours de l'année, méritent d'être signalées. Le titre "entreprises extérieures" a été introduit, dans le RGIE, par un décret de janvier 1996 qui transpose la directive européenne adoptée sur ce sujet. Un arrêté du 20 décembre 1996 a, par ailleurs, agréé les organismes chargés du développement de la prévention en matière de sécurité et de santé dans les carrières.

    L'empoussiérage dans les mines et carrières

    Un colloque, organisé le 25 juin 1996 par la DARPMI, a réuni plus de 250 personnes (exploitants, médecins du travail, laboratoires, DRIRE) sur le thème de la sécurité et de la santé dans les industries extractives. Le but de la journée était non seulement de rappeler le contenu des nouvelles dispositions réglementaires relatives à l'empoussiérage mais encore de dresser un premier bilan de leur application, quelques mois après leur entrée en vigueur.

    Améliorer la sécurité des stockages souterrains

    La France dispose de seize stockages souterrains de gaz d'une capacité totale supérieure à 23 milliards de mètres cubes et d'un unique stockage souterrain d'hydrocarbures liquides d'une capacité d'environ 9,5 millions de mètres cubes.

    Les sept stockages souterrains de propane et butane offrent au total une capacité légèrement inférieure à 650 000 mètres cubes. Signalons également l'existence d'un stockage souterrain de propylène et d'un autre pour l'éthylène.

    Dans ce domaine, la DARPMI assure le secrétariat d'une commission de sécurité spécialisée qui s'est réunie deux fois en 1996 pour débattre de nouvelles conditions d'exploitation et examiner les problèmes rencontrés pour certains stockages. Le groupe de travail, chargé par cette commission d'analyser les accidents survenus au plan mondial dans les stockages souterrains, a remis ses conclusions au cours de l'année.
    L'inspection du travail dans les sites miniers

    Ce sont les DRIRE qui assurent l'inspection du travail dans les exploitations minières et les stockages souterrains, dans le cadre de l'application du code minier. A ce titre, elles effectuent de l'ordre de 3 000 visites par an sur les sites en cours d'exploitation.
    Elles effectuent également une enquête administrative en cas d'accident grave.

    La priorité, en matière de stockage souterrain, demeure la qualité des études de sécurité qui servent de base à l'élaboration des plans particuliers d'intervention (PPI) et des plans de surveillance et d'intervention (PSI). Ces études fournissent également les données techniques nécessaires à l'information des populations sur les risques encourus en cas d'accident et les éléments relatifs à la maîtrise de l'urbanisation. La prise en compte, par les autorités compétentes, des contraintes d'urbanisme à proximité de ces ouvrages reste, en effet, une préoccupation majeure.

    Energie et stockage sous pression

    Dans l'industrie, mais aussi dans le transport ou chez les particuliers, notre pays utilise de très nombreux appareils à pression sous des formes aussi diverses que les réservoirs de stockage, les bouteilles de gaz, les chaudières, les extincteurs ou certains matériels de fabrication.

    Compte tenu des risques potentiels d'explosion qu'ils présentent, ces appareils doivent être construits et exploités en respectant des règles de sécurité qui garantissent la protection des personnes, des biens et de l'environnement. A ce titre, les priorités de la DARPMI, en 1996, ont été de préparer la mise en application d'une directive européenne sur les équipements sous pression et de poursuivre les évolutions du contrôle périodique des appareils en service.

    Directive européenne sur les équipements sous pression

    Un projet de directive européenne, couvrant l'ensemble des équipements sous pression, a fait l'objet d'une position commune du Conseil de l'Union européenne le 29 mars 1996 ; ce projet n'a toutefois pu être adopté comme prévu au cours de l'année, du fait du désaccord du Parlement européen sur quelques points.

    Cette directive constituera une évolution très importante pour les équipements neufs. En particulier, la directive élaborée selon les principes de la "nouvelle approche" ne prescrira que des exigences essentielles de sécurité. Les fabricants resteront libres de leurs choix techniques et pourront notamment appliquer tout ou partie des normes européennes, elles aussi en préparation à une cadence extrêmement rapide. Les procédures de certification seront menées non plus par les DRIRE, mais par des organismes agréés par les Etats membres et librement choisis par les fabricants.

    L'une des priorités de la DARPMI et des DRIRE est de préparer dès maintenant l'application de cette future directive en étroite collaboration avec les syndicats professionnels de fabricants et d'utilisateurs, les organismes de contrôle et les instances de normalisation. A cet effet, a été créé en 1996 le Comité de Liaison pour les Appareils à Pression (CLAP), structure de concertation multipartite, dont un des objectifs est de définir une position consensuelle française sur l'interprétation du texte européen et de la faire prévaloir auprès des instances communautaires. Plusieurs documents de communication ont également été élaborés afin de permettre aux industriels de trouver facilement l'information dont ils auront besoin pour se préparer à l'ère du marquage CE.

    Par ailleurs, la DARPMI continue de faire évoluer la réglementation technique actuelle, de façon à anticiper au mieux sur les pratiques européennes futures. C'est ainsi qu'a notamment été modifiée la réglementation sur les matériaux utilisables pour la construction des appareils à pression.
    Le champ d'application de la future directive européenne

    Traitant simultanément de tous les équipements sous pression, depuis les autocuiseurs jusqu'aux réacteurs de l'industrie chimique, le texte est forcément complexe.
    La plupart des équipements de plus de 0,5 bar de pression de gaz ou de liquide sont concernés. Les exigences réglementaires seront graduées en fonction du niveau de risque de l'équipement, laissant notamment une large part aux procédures d'autocertification et à la reconnaissance de systèmes d'assurance de la qualité. L'enjeu majeur est de veiller à ce que les contraintes imposées aux acteurs économiques restent raisonnables, tout en maintenant un haut niveau de sécurité.

    Evolution des contrôles d'appareils en service

    La modernisation des méthodes de contrôle des appareils à pression en service est un autre axe d'évolution auquel la DARPMI travaille depuis plusieurs années.

    Alors qu'à l'origine, les contrôles de ces matériels étaient réalisés essentiellement par les DRIRE, la prise en compte des efforts de qualité et d'organisation réalisés par de nombreux industriels, fabricants ou utilisateurs de ces matériels, permet aujourd'hui d'alléger le poids de ces contrôles.

    Sont concernés d'une part les fabricants et les centres de réépreuve qui ont mis en place un système d'assurance qualité type "ISO 9000" et d'autre part les grands utilisateurs d'appareils à pression qui disposent de services d'inspection, indépendants de l'exploitation, capables de garantir la sécurité des équipements utilisés, par la mise en place de plans d'inspection appropriés.

    Les premiers ne sont plus contrôlés par les DRIRE qu'au travers d'audits et de visites de surveillance inopinées. A ce jour, plus d'une soixantaine de délégations ont ainsi été accordées. Les seconds peuvent obtenir la reconnaissance de leur service d'inspection et bénéficier ainsi de dérogations à l'application de la réglementation, notamment pour les périodicités de contrôle par des organismes tiers. Une trentaine de services inspection de l'industrie chimique ou pétrolière bénéficient de telles dispositions, qui ont fait l'objet d'une extension et d'une nouvelle définition par une circulaire du 3 décembre 1996.
    Le contrôle des appareils à pression

    Au cours de l'année 1996, les DRIRE ont approuvé de l'ordre de 7000 dossiers d'appareils à pression neufs. Elles ont également procédé à la réépreuve du tiers des équipements en service, les autres épreuves ayant été réalisées en auto-contrôle ou en présence d'organismes délégués par l'Etat.

    Sécurité de l'utilisation du gaz

    Parfois moins connue, cette mission de la DARPMI est loin d'être marginale puisque le gaz fait encore près de 1 000 victimes par an, dont 50 décès. Une action permanente menée en étroite association avec les distributeurs de gaz est donc nécessaire pour réduire les risques d'accident, en particulier les intoxications oxycarbonées, dues aux produits de combustion des appareils de chauffage, et les explosions dont la cause principale est le déboîtement du flexible de connexion des appareils ménagers.

    Sur le premier point, la réglementation impose depuis 1996 que tous les nouveaux appareils à raccorder soient munis d'un dispositif de sécurité contre le refoulement des fumées. Sur le second, les flexibles vissés sont désormais obligatoires pour toutes les installations nouvelles. Les robinets comprenant un dispositif d'obturation automatique le seront dès la mi-97. Une des priorités de la DARPMI, pour l'année 1997, sera d'obtenir un renforcement de la qualification et du contrôle des installateurs de gaz.
    Diagnostic qualité Gaz de France : un milliard de francs pour améliorer la sécurité

    Dans le cadre du contrat d'objectifs signé par l'Etat et Gaz de France pour la période 1997-1999, cette entreprise publique s'engage à proposer à chacun de ses clients une offre de diagnostic et de conseil, pour la mise en sécurité des installations de gaz. Cette opération dotée d'un financement d'un milliard de francs permettra la création de 1 600 emplois. Sa mise en application et ses résultats seront suivis avec une très grande attention par la DARPMI, avec l'idée de généraliser ensuite, par voie réglementaire, les opérations de contrôle et de remise en état des installations existantes.

    Fabrication et utilisation d'explosifs

    Cent ans après la mort d'Alfred NOBEL, la dynamite ne représente plus aujourd'hui que quelques pour cent des explosifs fabriqués en France et n'est guère utilisée que dans les mines de charbon grisouteuses. L'abandon de la nitroglycérine au profit de composants de base moins onéreux, comme le nitrate d'ammonium, a permis de réduire considérablement les coûts de fabrication des explosifs, une partie de la production étant réalisée dans des unités mobiles sur le site même de leur utilisation.

    La réglementation relative aux explosifs vise d'une part à réduire au maximum les risques d'accidents et d'autre part à empêcher toute utilisation malveillante. La directive européenne sur les explosifs a été transposée en droit français par un décret paru en décembre 1996. Il est désormais possible de commercialiser sur le territoire national tout explosif ayant reçu un agrément de la part d'un des organismes européens notifiés dans ce cadre.
    Encourager la mise au point de nouveaux explosifs

    De nouveaux modèles de détonateur à "retard électronique" ont été testés au cours de l'année 1996. Leur grande précision de programmation permet de limiter les effets sur l'environnement lors du percement de tunnels.
    De nouveaux produits pyrotechniques destinés à renforcer la sécurité automobile ont également été testés en 1996. Ils permettent d'assurer le prétensionnement des ceintures de sécurité et l'ouverture quasiment instantanée des coussins gonflables, en cas de choc frontal.

    Dans la mesure où le contrôle des transferts d'explosifs n'entre pas dans le champ de la directive, il n'a pas subi de modifications dans son principe. Il change seulement de modalités avec la disparition des contrôles douaniers aux frontières intracommunautaires.

    Canalisations de transport

    Le réseau national de canalisations de transport de gaz combustible et de produits chimiques continue à se développer. Deux importants ouvrages sont en cours de construction pour le gaz combustible et des projets d'interconnexion européenne devraient voir le jour à terme.

    Afin d'accroître toujours plus le niveau de sûreté du réseau de canalisations, notamment par la prise en compte au plan réglementaire de technologies nouvelles, la DARPMI travaille à moderniser le décret du 18 octobre 1965 régissant les canalisations de transport de produits chimiques. Elle a également entrepris la mise à jour des règlements de sécurité, de manière à valoriser l'expérience acquise.
    Mise à jour des connaissances des DRIRE dans le domaine des canalisations

    La DARPMI a organisé, avec la DGEMP, une importante action de formation sur les canalisations de transport. Cette opération, répartie sur les exercices 1996 et 1997, doit permettre de former environ 80 agents des DRIRE, à l'Ecole des Mines d'Alès.

    Matériels utilisables en atmosphères explosibles

    La directive européenne relative aux appareils et systèmes de protection utilisables en atmosphères explosibles a été transposée, en droit français, par un décret de novembre 1996.

    Les travaux se poursuivent maintenant avec l'élaboration des normes correspondantes et des procédures d'évaluation de la conformité. Ils sont conduits en liaison avec les deux organismes notifiés par la France (l'INERIS et le LCIE) et les syndicats professionnels concernés.

    Ce nouveau dispositif réglementaire contribuera à harmoniser les règles de sécurité au niveau communautaire notamment sur deux points : la prise en compte des risques liés aux poussières inflammables et le contrôle rigoureux des équipements neufs mis sur le marché.

    LA SECURITE DES TRANSPORTS ROUTIERS

    Dans le cadre de la réglementation définie par le ministère des transports, la DARPMI anime et coordonne l'activité "véhicules" des DRIRE.

    Cette mission d'animation concerne l'organisation à mettre en place pour réaliser cette activité dans les meilleures conditions. Elle comporte également la gestion des moyens de contrôle utilisés par les DRIRE dans ce cadre, qu'il s'agisse des centres spécifiquement construits pour l'examen des véhicules ou des équipements de contrôles dont sont équipés ces centres.

    En outre, la DARPMI collabore étroitement, avec les services du ministère des transports (principalement, la Direction de la Sécurité et de la Circulation Routières et la Direction des Transports Terrestres), à la rédaction d'instructions d'application des nouvelles dispositions réglementaires, tant communautaires que françaises.

    L'activité véhicules dans les DRIRE

    Cette mission des DRIRE peut se décomposer en quatre domaines :

    La totalité de ces opérations concerne près d'une personne sur trois en DRIRE, avec plus de 900 agents dans les régions qui y consacrent tout ou partie de leur activité.

    Réception des véhicules routiers

    Les DRIRE sont chargées de prononcer les homologations des véhicules routiers. Cette opération, communément appelée réception, consiste à vérifier qu'un véhicule neuf, modifié, reconstruit ou importé est conforme aux prescriptions techniques réglementaires. Elle constitue un préalable indispensable à l'obtention du certificat d'immatriculation délivré par les préfectures.

    Une réception peut être accordée par type, sur la base d'un prototype, ou à l'unité. On parle dans ce cas de réception à titre isolé (RTI). Les réceptions par type ont lieu dès que la production d'un véhicule dépasse plusieurs unités.
    Les réceptions prononcées en 1996

    Le Centre National de Réception de Véhicules (CNRV) de Montlhéry, rattaché à la DRIRE Ile de France, a en charge la réception par type d'une grande partie des véhicules à moteur neufs.
    En 1996, près de 7 970 réceptions par type ont été prononcées en France, dont 6 193 traitées par le CNRV. Sur ce total, 119 réceptions ont été accordées au titre de la réglementation du Transport de Matières Dangereuses (TMD).
    Cette même année, le nombre de RTI effectuées en application du Code de la Route a été d'environ 234 000 (dont 139 600 identifications).

    Contrôles techniques des véhicules en service

    Les contrôles confiés aux DRIRE concernent essentiellement les véhicules routiers de transport de marchandises de plus de 3,5 tonnes et leurs remorques ainsi que les transports en commun de personnes. Les DRIRE contrôlent également des véhicules à usage spécifique tels que les ambulances, les dépanneuses, les taxis et les véhicules-école.

    Ces contrôles, appelés "visites techniques", sont effectués tous les ans pour l'ensemble de ces catégories de véhicules, à l'exception des transports de personnes qui sont vérifiés tous les six mois. Le contenu des contrôles est fixé par le Code de la Route et les textes subséquents, en conformité avec les directives européennes. Ces examens ponctuels et sans démontage ont pour objectif de prévenir les défaillances techniques, sources ou facteurs d'accidents. Ils n'exonèrent pas le propriétaire de l'obligation de maintenir son véhicule en bon état de marche et en état satisfaisant d'entretien.

    Le contenu de la visite technique

    Au cours d'une visite de véhicule, sont contrôlés une cinquantaine de points regroupés en six catégories :

  • le freinage,
  • la direction,
  • le châssis et la carrosserie,
  • l'éclairage et la signalisation,
  • les nuisances,
  • les plaques et inscriptions du véhicule. Pour les transports de personnes et les transports de matières dangereuses, des contrôles spécifiques complémentaires sont effectués au cours de la visite technique.
  • Les quelques chiffres suivants illustrent de manière significative l'importance de cette activité. En 1996, 1 290 000 visites et contre-visites ont été effectuées, dont 70 000 concernant les transports de matières dangereuses (TMD et ADR) ; 12 % se sont soldées par un refus, dont un tiers avec interdiction de circuler. La même année, environ 12 600 visites initiales ont été réalisées pour les véhicules de transport en commun de personnes et de transport de matières dangereuses. Parmi les motifs de contre-visite des véhicules, le premier concerne une anomalie du système de freinage (64%), les suivants un mauvais état du châssis (13%) et un jeu dans la direction (6%).

    Le suivi du contrôle des véhicules légers

    Par opposition au terme courant de "poids lourd", les véhicules légers (VL) désignent les voitures particulières ainsi que les véhicules utilitaires de moins de 3,5 tonnes. Les VL, soumis depuis janvier 1992 à l'obligation de visite technique, sont contrôlés directement par des centres privés agréés, au nombre de 3564 à la fin de l'année 1996. Ces centres sont pour la plupart rattachés à l'un des réseaux agréés par le ministère des transports. Seuls une soixantaine de centres exercent leur activité de manière indépendante.

    Les DRIRE assurent un contrôle de ces réseaux à deux niveaux. La DRIRE Ile-de-France conduit chaque année un audit et une visite de suivi de chacun d'eux. Cette action se complète par les visites effectuées par chacune des DRIRE auprès des centres qui leur sont rattachés. Les centres fonctionnant de manière indépendante font, chaque année, l'objet d'une visite ponctuelle et d'une visite approfondie. Au cours de ces visites, les DRIRE expertisent et surveillent les centres et s'assurent qu'ils présentent les garanties suffisantes pour exercer le contrôle des véhicules légers. En 1996, quelque 280 visites approfondies et 300 visites ponctuelles ont été effectuées.

    Analyse des accidents de la route : retour d'expérience

    Les DRIRE sont également appelées à intervenir dans les enquêtes d'accident lorsque les conditions techniques de sécurité relatives aux véhicules ou aux citernes sont mises en cause. En 1996, elles ont établi 35 rapports d'accidents TMD et 48 rapports d'accidents au titre du Code de la Route, dont 17 relatifs aux TCP. Cette action permet de recueillir une information technique précieuse pour faire progresser la réglementation.

    La gestion des moyens de contrôle des DRIRE

    Afin que les contrôles de véhicules s'effectuent dans les meilleures conditions d'efficacité et de sécurité, la DARPMI met en oeuvre, depuis plusieurs années, un important programme d'investissement portant sur la création et la rénovation de centres, conçus à cet effet, et sur l'équipement de ces centres.

    Les centres de contrôle de véhicules des DRIRE

    Il y a 30 ans, l'ensemble des visites techniques était effectué au bord de la route sur des lieux de visite dépourvus de tout équipement, où les conditions techniques et de sécurité souhaitables n'étaient pas réunies. Depuis 1993, cette opération d'investissement a été accélérée. Actuellement, 149 centres sont en fonctionnement. D'ici 3 ans, 16 nouveaux centres devraient être construits.
    Compléter l'équipement des DRIRE en centres de contrôle de véhicules

    En 1996, 15 nouveaux centres ont été mis en service et 4 ont été rénovés. Ce complément d'équipement des DRIRE a permis d'effectuer près de 97% des visites techniques sur des centres aménagés.
    Les prévisions pour la période 1997-1999 sont de construire 16 nouveaux centres et de réaliser une vingtaine de rénovations.

    Les moyens techniques de contrôle des véhicules

    Parallèlement à cet équipement du territoire national en centres de contrôle de véhicules (CCV), les moyens techniques de contrôle se sont modernisés et les centres s'équipent progressivement depuis 10 ans de bancs de freinage et de plaques à jeux permettant des contrôles approfondis du freinage et de la direction. Aujourd'hui, près des deux tiers des lignes de contrôle dont dispose l'Etat sont équipées de freinomètres et de plaques à jeux. Cet effort s'est poursuivi et amplifié, en 1996, avec le remplacement de la plupart des freinomètres d'ancienne génération.

    Cette même année, les centres ont été équipés de matériels destinés à mesurer l'opacité des fumées des véhicules diesel. L'opération a été précédée par des expérimentations qui ont permis d'adapter les matériels aux spécificités des poids lourds et de définir la configuration adéquate pour les postes de mesure.

    La DARPMI a d'autres projets en cours d'élaboration. Parmi ceux-ci, signalons la mise en place d'analyseurs de gaz d'échappement pour les véhicules à essence ainsi que le développement d'une nouvelle génération d'appareils destinés à mesurer la décélération des véhicules à moteur lors des essais de freinage sur piste.

    Un autre projet important concerne la mise au point d'un nouveau système informatique de gestion et de prise de rendez-vous pour les visites techniques de véhicules, en association avec les Ecoles des Mines d'Alès et de Douai et les futurs utilisateurs, pour remplacer l'actuel système. Une série d'études a également été conduite pour étendre ce dispositif à la saisie directe, sous forme informatique, des données de la visite technique.

    Améliorer l'hygiène et la sécurité dans les CCV

    L'amélioration des conditions de travail dans les centres, par une meilleure prise en compte des aspects d'hygiène et de sécurité, est un point sur lequel la DARPMI et les DRIRE travaillent en étroite liaison.
    Au cours de l'année 1996, l'ensemble des agents qui travaillent sur les centres ont été équipés de matériel de liaison radio améliorant la communication avec les usagers. En complément, des casques légers permettant de réduire les nuisances sonores ont été mis à disposition.

    Une organisation qualité pour l'activité "véhicules"

    Les exigences croissantes de la réglementation et l'avènement des directives européennes, d'une part, la promotion de la qualité dans les entreprises ainsi que l'exigence d'un fonctionnement en assurance qualité des organismes délégués par les DRIRE pour certains contrôles, d'autre part, sont autant d'éléments qui ont conduit la DARPMI et les DRIRE à décider la mise en place d'une organisation qualité.

    Mise en application des premières procédures qualité dans les DRIRE

    L'engagement dans cette démarche a été officialisé le 30 juin 1994 lors du colloque relatif au centenaire de l'activité véhicules dans les DRIRE. Cet engagement concerne la totalité des activités des DRIRE et, en premier lieu, les trois domaines des contrôles techniques (véhicules, appareils à pression et métrologie), l'activité véhicules initiant la démarche.
    Le travail de rédaction des procédures s'est poursuivi en 1996 et les premières procédures ont été mises en application après approbation par le ministère des transports.

    La certification des agents des DRIRE

    L'un des éléments importants de la démarche qualité est de certifier les agents. A cette fin, les opérations effectuées dans le cadre de l'activité véhicules ont été regroupées en fonction de leur degré de technicité. Des qualifications ont ensuite été définies pour la réalisation de chacune des catégories d'opération, afin de disposer de la meilleure compétence possible dans chacun des métiers des DRIRE.

    La première étape a concerné les opérations jugées les plus complexes au plan technique. Une organisation spécifique, pour le traitement de ces opérations, a été mise en place à cette occasion : huit pôles de compétences regroupant chacun plusieurs DRIRE ont été créés. Le traitement des dossiers est effectué par des agents certifiés, qui peuvent s'appuyer sur un spécialiste du domaine concerné. Ces spécialistes sont en outre chargés de vérifier la qualité du traitement des dossiers instruits localement.

    L'étape en cours concerne la certification des agents intervenant dans les autres catégories d'opération.LA MÉTROLOGIE


    La métrologie

    Composante permanente de la vie quotidienne et de l'activité industrielle, la métrologie peut se définir comme la science de la mesure associée à l'évaluation de son incertitude. Cette activité comprend la métrologie scientifique et technique, la métrologie légale et l'industrie de la mesure.

    La métrologie légale relève des attributions de la DARPMI. Il s'agit de l'activité par laquelle l'Etat réglemente certaines catégories d'instruments de mesure et organise leur contrôle, afin d'assurer la qualité des mesurages effectués. Les domaines concernés sont aussi bien la sécurité et la santé publique, que la protection de l'environnement ou encore les transactions commerciales et fiscales.

    Le Bureau National de Métrologie (BNM) a la responsabilité des activités de métrologie scientifique et technique. Sa mission consiste à mettre à la disposition du tissu industriel et du secteur de la recherche les références nationales en matière de mesure. Les laboratoires du BNM travaillent également, de manière constante, à améliorer ces références en les plaçant au meilleur niveau international. Naguère au sein de la DARPMI, le BNM est aujourd'hui un groupement d'intérêt public sous tutelle de cette direction.

    LA METROLOGIE LÉGALE

    Dans ce domaine d'attribution, la DARPMI intervient par voie réglementaire pour garantir la qualité d'une soixantaine de catégories d'instruments de mesure ainsi que la qualité des opérations de mesurage touchant principalement les domaines des transactions commerciales ou fiscales, la sécurité, la santé publique et la protection de l'environnement.

    Sa mission consiste à élaborer la réglementation technique dans un contexte international de plus en plus présent, à approuver les nouveaux modèles d'instruments en liaison avec les DRIRE et accompagner la mise en oeuvre de la politique de métrologie légale dans les DRIRE.

    Elaborer des textes réglementaires

    Les travaux menés en matière de réglementation des instruments de mesures concernent aussi bien l'élaboration de textes nationaux que la participation à la rédaction de textes de portée internationale.

    La réglementation française en constante évolution

    Le décret du 6 mai 1988 constitue la base réglementaire française en matière de métrologie légale. Il fixe notamment la liste des catégories d'instruments de mesure soumises à la réglementation française.

    Les travaux de modification de ce décret ont abouti. Ainsi, par un décret en date du 22 mai 1996 ont été introduites de nouvelles catégories d'instruments réglementés parmi lesquelles figurent les opacimètres, les thermomètres pour denrées périssables et les ensembles de mesurage massique de gaz. Ce texte modifie également la réglementation sur les instruments de pesage à fonctionnement non automatique.

    Cette même année, la DARPMI a également élaboré et publié plusieurs décrets et arrêtés concernant des domaines variés, tels que les récipients-mesures, les chronotachygraphes et les réfractomètres ou encore les analyseurs de gaz d'échappement et les opacimètres.

    En outre, la DARPMI a élaboré deux cahiers des charges concernant les jaugeurs automatiques, d'une part, et les dispositifs sécurisés pour le transfert

  • vers les stations service
  • des quantités mesurées au poste de chargement, d'autre part.

    D'autres travaux relatifs aux peseurs-étiqueteurs des doseuses et des trieuses ont été engagés au cours de l'année 1996. En outre, les travaux de normalisation entamés l'année précédente, en liaison avec l'AFNOR, concernant les cuves de chais, les bacs pétroliers, les analyseurs de gaz d'échappement, les doseuses et l'étalonnage des instruments de pesage à fonctionnement automatique se sont poursuivis. La DARPMI a également contribué aux travaux de normalisation dans le domaine du comptage de l'eau, du gaz et des produits pétroliers.

    Les travaux internationaux

    Sur le plan international, la DARPMI a mené une action intensive dans trois enceintes : l'Organisation Internationale de Métrologie Légale (OIML), la Commission européenne et WELMEC, organisme de coordination des autorités européennes de métrologie légale.

    Outre une participation forte dans les réflexions stratégiques de l'OIML, la DARPMI contribue aux nombreux travaux d'harmonisation technique de cette structure et pilote une partie d'entre eux. Elle délivre également, dans le cadre de cet organisme, des certificats de conformité d'instruments de mesure.

    Un projet de directive "nouvelle approche" sur les instruments de mesure est en préparation au sein de la commission européenne. La France, en première ligne dans ces travaux, y participe en étroite collaboration avec les industriels français.

    Au sein de WELMEC, la DARPMI prend une part essentielle aux travaux d'élaboration de procédures harmonisées pour les essais et les approbations d'instruments de mesure. Elle assure la présidence du groupe de travail qui établit les positions et propositions de WELMEC sur le projet de directive européenne en préparation. Elle est également signataire d'un accord de reconnaissance mutuelle d'approbations de modèles passé entre les membres de cet organisme.
    La coopération : un axe important pour l'industrie française de la mesure

    Les actions de coopération bilatérale menées par la DARPMI avec plusieurs pays sont en forte croissance et revêtent une importance toute particulière pour les industriels français.
    Avec les pays en voie de développement et les pays en transition, l'assistance technique apportée par la France permet d'ouvrir des marchés et d'éliminer de ces pays les équipements d'importation de qualité médiocre (24 pays ont sollicité une assistance de la DARPMI).
    Avec les pays industrialisés, les échanges bilatéraux permettent de promouvoir les industries et les technologies françaises et, le cas échéant, de faire reconnaître les certifications réglementaires françaises.

    Accompagner les DRIRE en matière de métrologie

    La mission d'animation, de coordination et d'accompagnement de l'activité des DRIRE en matière de métrologie concerne trois axes principaux.

    L'approbation des nouveaux modèles d'instruments est prononcée par la DARPMI à partir du travail d'instruction effectué en DRIRE dans la plupart des cas. La mise à jour des connaissances des personnels de DRIRE pour le traitement des dossiers d'approbation est, à ce titre, un souci constant de la DARPMI.

    Un autre axe concerne la vérification primitive et les vérifications périodiques des instruments en service. Aujourd'hui, de nombreux fabricants d'instruments réglementés ont fait évoluer leur organisation en mettant en place des systèmes qualité. La DARPMI encourage ces démarches et cherche à les promouvoir en allégeant les contrôles chez les industriels dont les méthodes et moyens de fabrication sont jugés satisfaisants au cours d'un audit de la DRIRE. La DARPMI assure ensuite le pilotage des audits périodiques de renouvellement de ces allégements de contrôles.

    Les vérifications périodiques sont effectuées soit par les agents des DRIRE, soit par des organismes agréés par l'Etat pour remplir cette mission. Dans cette seconde hypothèse, la surveillance du système est exercée par la DARPMI et les DRIRE.

    Le troisième axe important est la formation des personnels des DRIRE intervenant dans le domaine de la métrologie légale. Au cours de l'année 1996, les formations ont concerné les instruments de pesage à fonctionnement automatique et non automatique ainsi que les chronotachygraphes.
    L'année 1996 en chiffres

    Au cours de l'année, 214 nouveaux modèles d'instruments ont été approuvés par la DARPMI.
    Par ailleurs, les DRIRE ont réalisé 38 audits dans le cadre de l'assurance de la qualité, en direction des grands constructeurs et détenteurs d'instruments, vérifié 10 millions d'instruments de mesure avant utilisation et effectué 700 000 contrôles périodiques d'instruments en service.


    LA MÉTROLOGIE SCIENTIFIQUE ET TECHNIQUE

    En plus de sa mission en matière de métrologie légale, la DARPMI exerce la tutelle du Bureau National de Métrologie (BNM), chargé à l'échelon national des activités de métrologie scientifique et technique. Le BNM était auparavant un des services de cette direction.

    Un nouveau cadre juridique pour le BNM

    Depuis 1995, le BNM est constitué en groupement d'intérêt public (GIP) dont les membres sont les ministères de l'industrie et de la recherche ainsi que cinq laboratoires nationaux de métrologie. Les principaux domaines de compétence du BNM concernent les unités de mesure liées à l'optique, la température, les masses, les longueurs, le temps et les fréquences, l'électricité et les rayonnements ionisants.

    Améliorer les références métrologiques pour l'industrie

    Le changement de structure du BNM s'est accompagné d'un recentrage sur ses missions principales : la recherche, le soutien à l'industrie et la coopération internationale.

    Le BNM a finalisé, en 1996, les programmes à 5 ans de chacun de ses laboratoires, à partir desquels sont établis les programmes d'études annuels.

    La recherche

    Les laboratoires du BNM conduisent des recherches fondamentales, notamment dans le domaine des phénomènes physiques, pour aboutir à de nouvelles définitions et réalisations d'unités de base et d'unités dérivées du système international.

    Parmi les principales réalisations de l'année 1996, il convient de mentionner l'amélioration des références nationales de pression pour les fortes masses et la réalisation d'un étalon de référence en réflectométrie optique. Deux importants projets de recherche ont démarré en 1996 ; il s'agit d'une part de travaux d'amélioration des références nationales en radiothérapie et d'autre part d'un projet d'interféromètre nanométrique à réaliser en collaboration avec l'Université technologique de Compiègne.

    Le soutien à l'industrie

    L'amélioration et la conservation des étalons nationaux sont prioritaires au niveau de la recherche. Toutefois, la nécessité d'assurer, pour tous les domaines d'investigation, le transfert vers les entreprises industrielles et commerciales constitue la vocation essentielle du BNM.

    Les cinq laboratoires du BNM effectuent des études et des recherches appliquées. Leur participation à la réalisation d'instruments de mesure adaptés aux besoins des industriels et leur implication dans la mise en place de moyens métrologiques performants garantissent la traçabilité des mesures, quel que soit le niveau d'exactitude désiré.

    Ces actions menées au sein des laboratoires nationaux de métrologie sont relayées par les laboratoires des "chaînes nationales d'étalonnage", accrédités dans le cadre des procédures mises en place par le COFRAC.

    Au cours de l'année 1996, les principales améliorations en matière d'étalonnage ont concerné les hautes tensions, la métrologie des angles, les moyennes températures (de 419 à 960° C) et les matériaux considérés comme "mauvais conducteurs thermiques".

    La coopération internationale

    Le développement des échanges industriels et commerciaux nécessite fréquemment de garantir la cohérence des mesures effectuées par les différents acteurs économiques. Lorsqu'il s'agit d'échanges internationaux, l'assurance de la compatibilité des systèmes métrologiques en vigueur simplifie les processus prévus dans les contrats économiques. Seule une coopération métrologique bilatérale ou multilatérale, selon les cas, permet d'obtenir un niveau de confiance suffisant pour une reconnaissance mutuelle des étalonnages.

    Dans la continuité des actions menées au cours des années précédentes, le BNM s'est attaché, en 1996, à favoriser les contacts en ce sens avec ses homologues étrangers.

    Faire connaître la métrologie

    Le BNM a mis l'accent, en 1996, sur la communication, profitant des nombreuses opérations réalisées sur le thème de la "mesure" au cours de cette année. En effet, trois expositions d'envergure nationale ou internationale ont eu lieu sur ce thème au cours de l'année. De plus, la demande croissante d'informations sur la métrologie a incité le BNM a refondre ses supports de communication ainsi qu'un ouvrage consacré aux unités de mesure.
    Les classes préparatoires s'intéressent à la mesure

    L'enseignement des classes préparatoires aux grandes écoles comporte depuis peu une nouvelle matière appelée "T.I.P.E." (travail d'initiative personnelle encadré). Le thème retenu pour deux ans est "la mesure".
    Une collection complète des Bulletins du BNM a été remise gratuitement à l'inspection générale de l'éducation nationale pour répondre à la forte demande d'informations et de documentation sur les domaines d'activité de la métrologie scientifique. Ces documents ont ensuite été envoyés à chacun des lycées concernés.

    Dans le cadre de l'exposition intitulée "La mesure", à la Cité des Sciences et de l'Industrie de la Villette, le BNM a participé à une série de conférences et d'ateliers des "7èmes entretiens de la Villette". Cet événement exceptionnel a été l'occasion, pour le BNM, de présenter ses activités et l'étendue de ses publications à un grand nombre d'étudiants et de professeurs.

    L'exposition internationale "Mesucora" du 2 au 6 décembre, où le BNM a présenté trois des expériences réalisées dans ses laboratoires, a été un autre moment fort de l'année 1996. L'une des conférences a été consacrée à la présentation du rapport officiel du Comité des applications de l'Académie des Sciences intitulé "Quelle place pour la métrologie en France à l'aube du XXIème siècle ?"

    Signalons également la tenue du "Forum Mesure" au début du mois d'octobre 1996, auquel a pris part le BNM.

    En matière de communication interne, le BNM a relancé les rencontres entre techniciens, ingénieurs et chercheurs de ses laboratoires en organisant une "journée des métrologues" le 26 mars au CNAM. A cette occasion, près de 200 personnes ont présenté leurs activités et échangé leurs expériences respectives, notamment sur les travaux de coopération entre laboratoires.

    La mesure s'édite et se vend bien

    L'ouvrage intitulé "Etalons et unités de mesure" a fait l'objet d'une refonte complète au cours de l'année 1996. La diffusion de la nouvelle version a démarré avec succès : plus de 1 000 exemplaires ont été vendus en 6 mois.


    LES AUTRES ACTIVITÉS DES DRIRE

    Une vocation interministérielle

    Services voués à l'industrie et aux services à l'industrie, et donc services à vocation interministérielle par nature, les DRIRE exercent un grand nombre de leurs missions pour le compte d'autres directions du ministère de l'industrie et d'autres ministères.

    Elles agissent, en effet, pour le ministère de l'environnement, dans les domaines de l'environnement industriel et de la sûreté nucléaire. Notons que, sur ce second sujet, les DRIRE interviennent sous l'autorité de la Direction de la Sûreté des Installations Nucléaires (DSIN) du ministère de l'industrie et agissent donc pour le compte de ces deux ministères.

    Les DRIRE exercent également des missions, pour le compte du ministère du travail, en complément et en cohérence avec leurs missions de base touchant aux activités industrielles. Elles interviennent en tant qu'inspecteurs du travail sur certaines installations à caractère industriel, telles que les mines, les carrières, les installations nucléaires de base, les chantiers de construction et les installations de production ou de transport d'électricité. Les DRIRE ont, en effet, de nombreuses missions de contrôle de sécurité dans le domaine de l'énergie, qu'elles effectuent sous l'autorité de la Direction Générale de l'Energie et des Matières Premières (DGEMP) du ministère de l'industrie.

    Le ministère de la santé est un autre donneur d'ordre des DRIRE dans le domaine de la surveillance des eaux minérales.

    Par ailleurs, compte tenu des synergies qui existent entre le monde de la recherche et celui de l'industrie, synergies qu'il convient de continuer à favoriser et à développer, les DRIRE oeuvrent également sur ce thème, pour le compte du ministère de la recherche. Les liens étroits entre ces actions et celles qui sont menées en faveur du renforcement du niveau technologique des PMI ont conduit à évoquer le rôle des DRIRE en la matière, au chapitre intitulé "Appuis aux PMI".

    Signalons, enfin, les missions exercées par les DRIRE pour le compte du ministère des transports, dans le domaine de la sécurité des transports routiers. Cette activité est présentée dans la première partie de ce rapport en raison du rôle de gestionnaire et d'animateur tenu par la DARPMI sur ce thème.

    L'ENVIRONNEMENT INDUSTRIEL

    Dans le domaine de la protection de l'environnement, l'activité des DRIRE s'exerce pour le compte du ministère de l'environnement sous l'autorité des préfets de département. Les missions qui leur sont confiées recouvrent la prévention des risques industriels majeurs, la protection des milieux (eau, air, sol), la réduction des nuisances dues au bruit et aux odeurs et la gestion des problèmes de déchets. Les DRIRE sont chargées de la coordination au niveau régional de l'inspection des installations classées pour la protection de l'environnement et apportent en outre (*) une large contribution technique à la surveillance des réseaux de mesure de la pollution atmosphérique et au fonctionnement des Secrétariats Permanents pour la Prévention des Pollutions Industrielles.

    Ces missions concernent l'équivalent de 750 agents à temps plein, soit environ le quart des effectifs des DRIRE. Au total, ce sont près de 1 300 agents qui y consacrent tout ou partie de leur activité.

    Bilan de l'inspection des installations classées

    Rappelons que le nombre d'établissements (*) soumis à autorisation préfectorale est de 67 000 et que le nombre d'établissements relevant de la directive SEVESO ou présentant des risques majeurs est d'environ 800.

    Le bilan de l'activité des DRIRE en 1996 au titre de l'inspection des activités industrielles et agricoles soumises à la réglementation des installations classées est le suivant :

    Autorisations initiales : 3 230
    Arrêtés complémentaires : 1 689
    Arrêtés prescriptions spéciales : 482

    Sanctions administratives :
    • mises en demeure
    • travaux d'office
    • consignations
    • suspensions
    • fermetures

    1 803
    62
    160
    68
    63
    Procès verbaux : 722

    (*) un établissement est généralement constitué de plusieurs installations classées.

    Les risques industriels majeurs

    L'une des actions prioritaires des DRIRE est la prévention des risques industriels majeurs et des pollutions accidentelles majeures. Les obligations prévues par la directive dite SEVESO conduisent les 380 établissements concernés à réaliser ou à mettre à jour des "études de dangers" et des "plans d'opération interne". Les objectifs à atteindre sont la réduction des risques, la maîtrise de l'urbanisme autour de ces installations, l'information du public, l'amélioration des secours en cas d'accident, notamment grâce aux "plans d'opération interne" (plans d'intervention applicables aux accidents dont les conséquences sont limitées à l'intérieur de l'établissement) et aux "plans particuliers d'intervention" (plans d'intervention applicables à des accidents dont les conséquences sont susceptibles de concerner l'extérieur de l'établissement).

    Pour conduire la réflexion et exploiter le retour d'expérience à la suite d'accidents, le ministère de l'environnement et les DRIRE s'appuient sur le Bureau national d'Analyse des Risques et Pollutions Industriels (BARPI) placé au sein de la DRIRE Rhône-Alpes.

    La pollution de l'air

    Le territoire français compte 35 réseaux de surveillance de la qualité de l'air. Ces réseaux ont un statut d'association et les DRIRE en assurent le plus souvent la direction technique. A ce titre, elles jouent un rôle important dans le contexte de modernisation et d'extension des réseaux décidé dans le cadre de la loi sur l'air et l'utilisation rationnelle de l'énergie.

    Les grandes installations de combustion, les installations d'incinération de déchets ménagers et les activités donnant lieu à émission d'oxydes de soufre, d'oxydes d'azote, d'acide chlorhydrique ou de composés organiques volatils (COV) sont soumises à une taxe parafiscale sur la pollution atmosphérique.

    Le produit de cette taxe est redistribué sous forme d'aides aux équipements de prévention de la pollution. Il permet également de contribuer au financement de la surveillance de la qualité de l'air.

    Les déchets

    Les DRIRE élaborent des mesures visant à limiter la production de déchets et à planifier leur élimination. Elles examinent les "études déchets" prescrites par la réglementation et participent à la résorption des sites et des sols industriels pollués. Ces études déchets concernaient, à la fin de l'année 1996, 1740 entreprises.

    Au niveau régional, les préfets sont chargés de piloter la réalisation d'un plan permettant l'élimination des déchets industriels spéciaux, avec l'appui technique des DRIRE. A fin 1996, 18 plans régionaux d'élimination des déchets industriels spéciaux étaient approuvés par les préfets de région, les autres étaient en voie d'achèvement. Il convient de signaler le cas de la région Midi-Pyrénées pour laquelle le Conseil Régional a bénéficié du transfert de compétence prévu par la loi du 2 février 1995.
    Les sites pollués

    La réhabilitation des sites pollués constitue désormais un important volet de l'activité de l'inspection des installations classées. L'inventaire national, constamment actualisé, comporte 896 sites. Quelque 200 arrêtés préfectoraux imposant des investigations ou des travaux de réhabilitation ont été pris en 1996.
    La mise en place de la taxe sur les déchets industriels spéciaux a permis d'accélérer le traitement des sites pollués dits "orphelins". Sur 48 sites recensés à ce jour, 34 font l'objet de travaux.

    Les centres de traitement et d'élimination des déchets industriels font l'objet d'un suivi régulier et particulièrement attentif de la part des DRIRE.

    Les carrières

    La loi du 4 janvier 1993 a fait passer les carrières sous le régime de la législation des installations classées. Cette loi prévoit, dans chaque département, l'élaboration d'un schéma des carrières permettant d'avoir une vue globale et non plus seulement ponctuelle sur la gestion des carrières, en tenant compte à la fois des ressources, des besoins et des contraintes d'environnement. L'élaboration de tels schémas s'est poursuivie en 1996. Elle s'effectue au sein de groupes de travail associant élus, associations, administrations et professionnels du secteur, dans lesquels les DRIRE assurent en général le rôle de coordinateur et de rapporteur, sous l'autorité du préfet.

    Comme pour les mines, les DRIRE ont la charge de l'inspection du travail dans les carrières.

    L'information et la concertation

    Les Secrétariats Permanents pour la Prévention des Pollutions Industrielles (SPPPI) sont des structures de concertation associant industriels, élus, administrations, associations, scientifiques. Ils favorisent le dialogue et la recherche de solutions autour des problèmes de pollution. Actuellement, il existe huit SPPPI : Fos-Berre, Dunkerque, Seine-Maritime, Lyon, Toulouse, Strasbourg, Nantes-Saint-Nazaire et Vallée de Seine des Yvelines. D'autres sont en projet : Guyane-Kourou et Bordeaux.

    Plus généralement, des Commissions Locales d'Information (CLI) se créent dans les zones où l'activité a un fort impact socio-environnemental. Les DRIRE en assurent l'animation. A ce titre, elles élaborent et diffusent des plaquettes d'informations, des rapports sur les rejets industriels et des bilans annuels de leur activité dans le domaine de l'environnement industriel. Les DRIRE organisent également des journées d'information et d'échanges de vue sur les évolutions réglementaires et techniques et les nouvelles technologies.


    LA SÛRETÉ NUCLÉAIRE

    Les DRIRE agissent dans le domaine de la sûreté nucléaire sous l'autorité de la Direction de la Sûreté des Installations Nucléaires (DSIN), pour le compte des ministères chargés de l'industrie et de l'environnement.

    L'organisation de l'activité nucléaire en régions

    Le renforcement progressif des moyens que les pouvoirs publics consacrent à la sûreté nucléaire s'est accompagné d'une déconcentration de la surveillance des installations nucléaires vers les DRIRE, afin de bénéficier de l'efficacité qui résulte de la proximité géographique des installations. Aujourd'hui, 8 DRIRE disposent d'une division nucléaire, elle-même mise à disposition d'autres directeurs régionaux pour les installations nucléaires de leur ressort géographique.

    Compte tenu de la localisation des installations nucléaires sur le territoire métropolitain, les DRIRE des régions Alsace, Aquitaine, Basse-Normandie, Centre, Champagne-Ardenne, Nord-Pas-de-Calais, PACA et Rhône-Alpes disposent d'une division chargée de l'inspection des installations nucléaires. L'Aquitaine a également compétence pour les régions Midi-Pyrénées et Poitou-Charentes. La Basse-Normandie a compétence pour les deux régions qui constituent la Normandie. La région PACA intervient aussi en Languedoc-Roussillon et l'Alsace a compétence pour la Lorraine.

    En outre, le réseau des DRIRE et de la DSIN dispose du bureau de contrôle de la construction nucléaire (BCCN), rattaché à la DRIRE Bourgogne, qui est spécialement chargé de l'application de la réglementation des appareils à pressions aux chaudières nucléaires à eau sous pression. A ce titre, il constitue un des points d'appui des DRIRE dans la réalisation de la mission de sûreté nucléaire.
    La mission du BCCN

    Le Bureau de Contrôle de la Construction Nucléaire est chargé de l'application de la réglementation des appareils à pression aux chaudières nucléaires des réacteurs de puissance. Cela concerne le circuit primaire dans son ensemble et chacun de ses composants pris individuellement lors de la phase de construction.
    Le champ d'application comporte non seulement la conception, l'élaboration des matériaux, la fabrication et les dispositifs de contrôle, de régulation et de sécurité, mais encore le contrôle de la fabrication et les modalités d'épreuve hydraulique.
    Depuis le début des années 1980, le champ d'intervention du BCCN a été étendu à des missions d'expertise sur les aspects relatifs à la chaudronnerie du circuit primaire principal et du circuit secondaire principal.

    En 1996, le nombre d'inspecteurs des installations nucléaires était de 117 (71 en DRIRE et 46 à la DSIN). Ces inspecteurs sont exclusivement des ingénieurs.

    Le contrôle de la sûreté des installations nucléaires

    Les inspections des installations nucléaires de base (INB) sont réalisées par les inspecteurs de la DRIRE territorialement compétente avec parfois le concours d'inspecteurs de la DSIN. Plus de 660 inspections ont été réalisées, en 1996, dans les INB. Elles concernent l'ensemble des domaines réglementaires et techniques relatifs à l'exploitation des sites et peuvent être programmées ou inopinées. A l'issue de chaque inspection, l'inspecteur concerné assure un suivi précis des suites à donner aux constatations et observations relevées.

    Lors des arrêts annuels pour rechargement de combustible des réacteurs à eau sous pression, c'est la DRIRE qui approuve les programmes relatifs aux travaux et aux opérations de contrôle et d'entretien. Le suivi de ces programmes ainsi que le traitement des différents problèmes techniques nécessitent pour les inspecteurs des DRIRE plus de 500 visites ou réunions annuelles.

    Afin de renforcer le rôle des DRIRE, la DSIN a élargi en 1995 leur domaine d'activité au traitement des incidents. En parallèle, une cellule traitant des incidents significatifs et du retour d'expérience a été créée au sein de la DSIN. Son rôle consiste à définir et à mettre en oeuvre, à partir des informations provenant des DRIRE, les actions nécessaires à la prise en compte du retour d'expérience. Cette cellule a assuré la formation des ingénieurs des DRIRE et les assiste dans leur nouvelle tâche.

    Echanges d'inspecteurs avec des autorités de sûreté étrangères

    A la suite de réflexions menées en 1995 au sein de l'Autorité de sûreté, plusieurs projets ont été étudiés en 1996 pour améliorer la pratique des inspections. Il s'agit principalement :

    • de mettre en place des qualifications, fondées sur l'expérience et la formation des inspecteurs, pour tenir compte de la complexité des tâches à réaliser ;
    • d'organiser des échanges d'inspecteurs avec les autorités de sûreté étrangères. Des expériences ont eu lieu en 1996 en Grande-Bretagne et en Belgique, pour une durée de quelques semaines. Il est prévu de passer en 1997 au stade d'échanges de longue durée en envoyant trois inspecteurs à l'étranger pour des séjours de trois ans.

    Les autres contrôles effectués dans les INB

    Les ingénieurs des DRIRE assurent également dans les installations nucléaires de base (INB), comme pour les autres installations industrielles, le contrôle de l'application des réglementations relatives aux appareils à pression de vapeur et de gaz ainsi que le contrôle de l'application de la réglementation en matière d'installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE).

    Les missions d'inspection de travail sur les sites exploités par EDF sont également du ressort des DRIRE, que ce soit pendant la phase de construction ou d'exploitation.

    L'information des instances régionales

    Enfin, les DRIRE sont les interlocuteurs naturels des autorités locales et notamment des préfets et des élus. Elles prêtent leur concours aux commissions locales d'information (CLI) auprès des grands équipements énergétiques. De plus en plus, elles ont un rôle d'information au plan régional, par exemple, par la tenue de journées d'information ou de conférences de presse sur le bilan de l'activité d'inspection.


    L'ENERGIE

    Cette mission des DRIRE, exercée sous l'autorité des préfets de département, pour le compte de la DGEMP (Direction Générale de l'Energie et des Matières Premières) du ministère de l'industrie, concerne les domaines suivants :

    L'hydroélectricité

    Dans ce domaine, l'activité des DRIRE comporte le contrôle de la sécurité des barrages, l'instruction des demandes et le suivi des concessions hydroélectriques.

    La sécurité des barrages

    Les DRIRE exercent une mission de contrôle de la sécurité sur les barrages intéressant la sécurité publique et sur les grands barrages de plus de 20 m de haut. Une visite annuelle ainsi qu'une vidange décennale sont effectuées sur chaque grand barrage, en plus des interventions ou études particulières. Pour réaliser cette activité, les DRIRE s'appuient sur la compétence technique du Bureau d'Etude Technique et de Contrôle des Grands Barrages (BETCGB) situé à Grenoble et placé auprès de la DRIRE Rhône Alpes.

    En 1996, 52 barrages ont été visités, dont 8 à l'occasion d'une vidange décennale.

    Le suivi des concessions

    L'instruction des dossiers de demande de titres de concession de force hydraulique (en application de la loi du 16/10/1919 modifiée) pour des ouvrages d'une puissance supérieure à 4 500 kW est de la compétence des DRIRE. Les titres sont prono ncés par décret en Conseil d'Etat.

    A la fin de l'année 1996, il y avait 68 dossiers en cours pour des demandes de renouvellement de concession.

    Les DRIRE assurent un suivi permanent des cahiers des charges des concessions hydroélectriques.

    Par ailleurs, compte tenu de l'influence des ouvrages hydroélectriques sur les milieux aquatiques, les DRIRE participent à l'élaboration des Schémas Directeurs d'Aménagement et de Gestion de l'Eau (SDAGE) ainsi qu'au travaux de rédaction des Schémas d'Aménagement et de Gestion de l'Eau (SAGE) et des contrats de rivière.

    Le transport de l'énergie

    Les domaines d'intervention des DRIRE concernent le transport de l'électricité ainsi que le transport et la distribution du gaz.

    Le transport de l'électricité

    Les DRIRE instruisent les projets d'ouvrages à haute tension (63 et 90 kV) et à très haute tension (225 et 400 kV). Le décret du 25 février 1993 a renforcé les procédures relatives aux lignes à haute tension, enterrées ou non, qui font désormais l'objet d'une étude d'impact et d'une enquête publique. En 1996, 41 dossiers de demandes de déclarations d'utilité publique (DUP) ont été déposés pour ce type d'ouvrage et 15 DUP ont été prononcées.

    Les DRIRE élaborent et mettent à jour les plans départementaux de service prioritaire de l'électricité en cas de délestage et participent aux politiques de préservation de l'environnement dans le domaine de l'insertion paysagère des ouvrages de transport de l'électricité.

    L'inspection du travail

    Les DRIRE exercent, pour le compte du Ministre du Travail, la mission d'inspection du travail sur les chantiers de construction et les ouvrages en exploitation qui relèvent de sa compétence, c'est-à-dire, les installations de production d'électricité, ainsi que les lignes à haute et très haute tension.

    Transport et distribution du gaz

    Les DRIRE instruisent les procédures administratives relatives aux projets de canalisation de transport : pénétration en propriétés privées, concession avec DUP, autorisation et déclaration.

    Elles examinent les dossiers de concession de distribution publique (en application de la circulaire du 2 octobre 1985) et de contrats de fourniture de gaz aux industriels (par référence à la circulaire du 28 juillet 1975).

    Cette activité des DRIRE est complétée par la mission de suivi du réseau des canalisations de transport, effectuée pour le compte de la DARPMI (voir chapitre "sécurité industrielle").


    LA SURVEILLANCE DES EAUX MINÉRALES

    Les DRIRE interviennent également au titre de la gestion minérale, tant dans le domaine du thermalisme que dans celui des eaux minérales naturelles embouteillées, et ce pour le compte du ministère de la santé.

    Leur action porte sur la stabilité et la qualité des caractéristiques physiques, chimiques et biologiques de l'eau prélevée de son gîte hydrominéral. Cette mission est donc déterminante pour tout ce qui concerne la conservation des eaux minérales, leur aménagement jusqu'aux réservoirs généraux qui les reçoivent ou, s'il s'agit d'embouteillage, jusqu'aux installations d'embouteillage.